MAGIC FIRE MUSIC- Février 2007

   

 

ELVARON - Mages Battle
Prog-Thrash - Autoprod

Premier album des nancéiens, Mages Battle donnait l'impression d'arriver comme une tache chez les disquaires de la cité ducale, alors bondés de sorties extrêmes (Blockheads en 1995, Mortuary et Scarve en 1996, et Depraved suivra en 1997). Bref, beaucoup étaient à l'heure de leur première presse de CD à ce moment-là. Y avait-il de la place pour Elvaron à ce moment-là ?
Déjà, à la vue de la pochette, je me suis dit : « on va pas être copain facilement tous les deux ». Elle n'est pas foncièrement moche (ce n'est pas Dark Medieval Times non plus, heureusement !), mais c'est plus la PAO dans son ensemble qui rend le décalage entre l'image artisanale et son cadre trop informatique pas top-top. Allez, allez, me dis-je, concentrons-nous sur la musique ! Et là, j'avoue, là aussi, ça commence mal :
malgré une intro sympa, le morceau Sad Death s'enlise assez tôt, mais surtout la voix, légèrement rauque, n'est pas assez en avant. Spell & Swords propose un riff très proche d'un Metallica sur Kill'em all, mais peut-être trop répétitif. Répétitif, hmm, c'est la faiblesse de pas mal de morceaux (le « Satan » répété maintes fois sur les refrains de Satan laughs n'est pas là pour aider, d'autant qu'il couvre à moitié la voix). Mais tout n'est pas à jeter : Exhumation , très tendue, prend toutefois le temps de poser des envolées de 6-cordes, Foredoomed sort dignement sa tête du lot, peut-être parce que la voix est mieux mise en avant. Battlefield propose des soli magnifiques. Et à ce stade de la chronique, je me demande si Elvaron n'est pas davantage à l'aise sur les compos de plus de 5 minutes. La preuve magnifique avec Sustenance et ses 7 minutes, moins nerveux que le titre Immortal , certes, mais bien plus riche en variations, en émotions (les soli, très fluides, font mouche comme c'est pas permis). On termine avec une « chanson cachée » qui aurait méritée d'être en pleine piste, car elle dégage une ambiance très intéressante.
En tout cas, je suis heureux de n'avoir découvert Elvaron que maintenant, car à l'époque de sa sortie, alors que je baignais dans un bouillon de metal extrême, j'aurais été plus dur et surtout sans recul !

14/20
L'abbé